Fr 1re – Cours du 16 et 17 septembre : Commentaire linéaire de Montaigne, texte 1

Commentaire linéaire – Montaigne, Essais, I, 31, « Des cannibales »

Introduction

Dans un contexte de guerre de religion, Michel de Montaigne publie son œuvre Les Essais. L’extrait proposé à notre étude est tiré du chapitre des “Cannibales” de cet écrivain philosophe du XVIe siècle qui appartient au mouvement littéraire de l’Humanisme, mouvement qui met au cœur de ses préoccupations les valeurs humaines. Ce texte présente des scènes violentes et cannibales entraînées par la découverte du Nouveau Monde mais aussi par les Guerres de Religion ; ce passage est saisissant car on y  raconte notamment une scène où des cannibales qui abattent et dévorent leurs ennemis. La scène est narrée d’un point de vue extérieur et en détails, ce qui rend cette vision réaliste pour le lecteur. Le texte est divisé en 3 parties, qui correspondent aux 3 paragraphes : dans un premier temps, Montaigne montre la pratique anthropophage des Indiens, puis il expose la vengeance des Portugais envers les Indiens et réciproquement, pour enfin rappeler la barbarie des Européens durant les Guerres de religion et relativiser la barbarie des Indiens.

  1. La pratique anthropophage des Indiens

Le texte s’ouvre sur un présentatif, « c’est », par lequel Montaigne opère une thématisation, c’est-à-dire qu’il met l’accent sur un thème, ici « la fermeté de[s] combats » des Indiens. Nous avons donc un début de jugement positif dans cette phrase, qui s’oppose ensuite aux connotations négatives de « meurtre » et « effusion de sang ». La jugement énoncé par Montaigne dans sa première phrase à l’égard des Indiens est donc ambiguë.

Montaigne décrit ensuite une scène qui suit un combat chez les Indiens et nous amène à visualiser la tête d’un ennemi d’un Indien planté au bout d’un pieu devant le « logis » de cet Indien. Cette description a valeur d’exemple et tendrait à montrer la barbarie des Indiens.

L’auteur s’attache ensuite à un récit de la manière dont les Indiens Cannibales traitent leurs prisonniers. Ce récit se fait en plusieurs étapes, 5 en tout : le fait d’attacher le prisonnier par des cordes tenues par deux amis, le fait de l’assommer avec le plat d’épées, le fait de le « rôtir » « par le menu », c’est-à-dire entièrement, dans le détail, le fait de le manger « en commun », c’est-à-dire entre les « connaissances » qui ont été rassemblées, et le fait d’envoyer des « lopins », c’est-à-dire des morceaux », aux amis absents. L’insistance sur le thème de l’amitié étonne ici car il contraste avec l’horreur de l’anthropophagie. On souligne que Montaigne insiste sur le fait que les Indiens traitent correctement leurs prisonniers ; il raconte une scène qui rappelle l’abattage d’un animal d’une part, et la dévoration d’une proie par une meute de prédateurs d’autre part, de manière très neutre, en adoptant un point de vue omniscient, et ce alors même qu’il n’indique pas d’où tient ses informations. Il pourrait y avoir là une animalisation du prisonnier comme des Indiens, voire une déshumanisation de ces individus.

  1. La vengeance des Portugais vis-à-vis des Indiens et réciproquement

Dans la deuxième partie du texte, Montaigne commence par faire une analogie entre les Indiens et les Scythes. Ce peuple antique, décrit par Jules César dans La Guerre des Gaules, était réputé pour sa férocité et par le fait qu’il était important de mourir au combat et déshonorant de mourir de vieillesse ou de maladie. Les Indiens, dont la « fermeté des combats » a été indiqué dans la première partie, sont donc comme les Scythes pour leur pugnacité, et il se trouve que ces deux peuples pratiques l’anthropophagie. Montaigne montre les limites de cette analogie : les Scythes mangeaient de la chair humaine pour se nourrir, les Indiens Cannibales le font par vengeance.

Ce terme ouvre et ferme le paragraphe dans un effet de boucle, qui montre que c’est bien la vengeance le thème central de cette partie. Montaigne examine alors la manière qu’ont les Portugais, à qui est revenu le Brésil suite à la partition de l’Amérique du Sud par le Pape au début du XVIe siècle, de se venger. Montaigne procède alors à un nouveau récit, cette fois-ci de la mise à mort d’un Indien par des Portugais. Ce récit comporte moins d’étapes que le précédent (2) mais est presque aussi long : les étapes sont l’enterrement à mi-corps, le fait de tirer des flèches et la pendaison. Le regard des Indiens sur les Portugais est admiratif selon Montaigne, mais cette admiration est l’objet d’une ironie de la part de l’auteur, qui insiste sur le paradoxe qu’il y a à être « maîtres » en « malice », terme extrêmement négatif car synonyme de perversité, de penchant au mal dans la langue du XVIe siècle.

III. La barbarie des Européens et celle des Indiens

La dernière partie du texte est consacrée à l’idée de barbarie. Le terme est utilisé par polyptote à 4 reprises dans ce court passage : barbare (l. 20, 27) et barbarie (l. 22, 28). Rappelons que le mot de “barbare” est issu du grec et désignait “ceux qui ne parlaient pas grec” pour les locuteurs de cette langue. Montaigne fait donc référence à l’Antiquité, comme lorsqu’il parle des Scythes, au moment de convoquer la manière dont les Anciens désignaient les étrangers ; le parallèle avec les Indiens vus par les Européens en est plus frappant. Les Indiens sont vus comme des barbares par les Européens, comme les étrangers étaient vus comme des barbares par les Grecs.

Mais Montaigne donne alors un exemple de cruauté qui n’est pas indienne mais européenne : pendant les Guerres de religion, plusieurs scènes de torture ou de massacre ont eu lieu. On peut par exemple penser à la Saint-Barthélémy, massacre qui se tient en 1572 (Montaigne publie son premier livre des Essais en 1580). L’auteur ne livre plus de récit mais énumère des supplices (écartèlement, bûcher, personnes jetées aux chiens ou aux pourceaux affamés) dont il a pu être le témoin direct. La sentence finale est tranchée : si les Indiens sont barbares, les Européens le sont encore davantage. La barbarie est donc une notion relative.

Conclusion

Dans ce passage des “Cannibales” où Montaigne examine les pratiques d’une tribu du Brésil dont le nom est devenu synonyme d’anthropophage, c’est la notion de barbarie qui est placée au centre de la réflexion, et ce pour procéder à une relativisation des points de vue. Les Indiens, qui semblent barbares parce qu’ils mangent de la chair humaine, ne le sont pas plus que les Européens qui torturent et massacrent, tant des Indiens que d’autres Européens. A examiner ces cas de plus près, les Indiens sont même moins barbares que les Européens et ne le sont que pour les imiter dans leur cruauté, pour s’en venger.
Montaigne livre une réflexion sur la nature humaine autant que sur la diversité des cultures dans un texte polémique, qui va à contre-courant de la pensée de son temps.

Fr 1re – Cours du 11 octobre – Introduction du commentaire linéaire du texte de Montaigne, “Des cannibales”

  1. Phrase d’accroche

Dans un contexte de guerre de religion, Michel de Montaigne nous fait parvenir son œuvre Les Essais.

Le cannibalisme, un acte de barbarie, peut être utilisé à différentes fins.

  • Présentation de l’auteur

Cet extrait est tiré du chapitre des “Cannibales” des Essais de Michel de Montaigne, écrivain philosophe du XVIe siècle ; il appartient au mouvement littéraire de l’Humanisme, qui met au cœur des préoccupations les valeurs humaines.

  • Présentation du texte

Ce texte présente des scènes violentes et cannibales entraînées par les Guerres de religion ; ce passage est saisissant car on y  raconte une scène où des cannibales qui abattent et dévorent leurs ennemis. La scène est narrée d’un point de vue extérieur et en détails, ce qui rend cette vision réaliste pour le lecteur.

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Fr 1re – Cours du 11 septembre – Exposé : La cartographie au Moyen Âge et à la Renaissance

Introduction
La cartographie est une pratique qui apparaît dès l’Antiquité avec Hipparque, astronome, et Ptolémée, qui élabore la première géographie.
Etymologiquement, le terme signifie “écrire un plan” ; la cartographie consiste à représenter en deux dimensions, sur une surface plane, un espace en trois dimensions. Aujourd’hui, les cartes respectent une échelle (par exemple, 1/10 = 1 cm sur la carte correspond à 10 cm en réalité) ; ce n’était pas le cas à l’Antiquité ni au Moyen Âge.
Il est intéressant d’étudier l’évolution de la cartographie entre le Moyen Âge et la Renaissance car un événement majeur survient entre ces deux périodes : la découverte du continent américain en 1492, qui bouleverse la connaissance et représentation du monde.

I. Au Moyen Age

Au Moyen Age, la représentation du monde est symbolique : on figure le monde comme un cercle parfait à l’intérieur duquel sont insérés les 3 continents (Asie, Afrique, Europe) séparés par un T. Celui-ci symbolise deux fleuves, le Nil et le Tanaïs. Ces images sont appelées des “mappae mundi”, cartes du monde, formule qui a donné notre mot “mappemonde”.

II. A la Renaissance

Avec la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb en 1492, la représentation du monde change car sa connaissance a été augmentée. Rappelons que Christophe Colomb cherchait à atteindre les Indes, avec lesquelles l’Europe commerçait depuis longtemps, en s’appuyant sur le fait que la Terre était ronde et non plate : c’est là aussi une connaissance du monde et de sa géographie, en lien avec l’astronomie, qui a permis la découverte de ce continent.
Les cartes du monde évoluent dès lors en représentant de plus en plus précisément le continent américain : d’abord seulement la côté orientale (est) de l’Amérique du Sud et une minuscule portion de l’Amérique du Nord puis des pans de plus en plus importants de ces deux territoires.

Conclusion

La cartographie s’est faite de plus en plus précise au fil des explorations, qui ont continué jusqu’au XVIIIe siècle avec la découverte d’une dernière île, celle de Tahiti. Nous atteignons désormais des sommets de précision avec la Géolocalisation Par Satellite (GPS), mise à la disposition de tous avec GoogleMaps ; c’est là aussi une technique qui a pu se développer grâce à l’astronomie, ici les satellites. Cette connaissance précise du monde a définitivement transformé nos pratiques et notre rapport à l’espace, au point de devenir un outil nécessaire dans notre quotidien.

Bibliographie

https://www.franceculture.fr/histoire/de-lantiquite-google-maps-la-cartographie-miroir-du-pouvoir

Fr 1re – Cours du 10 septembre – La littérature d’idées, introduction

  1. Argumentation

Les genres de l’argumentation sont divisés en genres directs (essais, maximes, satires, discours) et indirects (fables, contes philosophiques, utopies, portraits, romans, apologues). On y associe l’art de l’éloquence*, soit l’art de convaincre** et de persuader***, et la pratique du débat d’idées.

* loquere = parler

** con-vincere = dénoncer, recours à raison

*** suadere = conseiller ; recours aux émotions

2) La littérature d’idées

La littérature d’idées associe deux éléments : la littérature, qui implique une attitude désintéressée vis-à-vis de l’oeuvre, et les idées. On aurait donc, d’un côté la forme (la littérature) et de l’autre le fond (les idées).

En bonus :

La littérature d’idées, c’est dès lors le choix de défendre des idées dans un texte littéraire ; ce genre relève de l’argumentation directe.

Fr 1re – Informations importantes pour le français en 1reA

MATERIEL

1 classeur avec feuilles transparentes (à garder à la maison)

1 trieur ou 1 chemise (à amener en classe)

1 cahier d’exercices (petit format, type de quadrillage libre)

1 cahier d’appropriation (format libre)

Les élèves sont priés d’apporter en classe l’ensemble des prises de notes et des documents relatifs à un thème pendant toute la durée de son étude, suivant le calendrier suivant :

Thème Période
La littérature d’idées du XVIème au XVIIIème siècle Du 2 septembre au 18 octobre
Le théâtre du XVIIème au XXIème siècle Du 4 novembre au 10 janvier
Le roman et le récit du Moyen-Âge au XXIème siècle Du 13 janvier au 13 mars
La poésie du XIXème au XXIème siècle Du 30 mars au 5 juin

LECTURES

Oeuvres à lire intégralementdans les éditions suivantes :

Michel de Montaigne, Essais, « Des coches », Garnier-Flammarion, Etonnants classiques, 2019 (3,50€)

Pierre Caron de Beaumarchais, Le Mariage de Figaro, Hachette, Bibliolycée, 2019 (4,50€)

Madame de La Fayette, La Princesse de Clèves, Garnier-Flammarion, 2019 (3,40€)

Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal,Belin-Gallimard, Classicolycée, 2019 (3,20€)

Achats

Ces livres sont disponibles chez Gibert Joseph à Saint-Germain-en-Laye. Les quantités ont été commandées auprès du libraire. Les achats seront vérifiés la semaine du 23 septembre.

Calendrier des lectures et du travail sur les oeuvres

Thème A lire pour le
Michel de Montaigne, Essais, « Des coches » 11 octobre
Pierre Caron de Beaumarchais, Le Mariage de Figaro 4 novembre
Lecture cursive n°1 9 décembre
Madame de La Fayette, La Princesse de Clèves 13 janvier
Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal 30 mars
Lecture cursive n°2 11 mai

NOTES

Devoirs à rendre

1er DM (dissertation) : Semaine du 14 au 18 octobre

2e DM (dissertation) : Semaine du 16 au 20 décembre

3e DM (commentaire) : Semaine du 24 au 28 février

4e DM (commentaire) : Semaine du 25 au 29 mai

Devoirs sur table

1er DST (commentaire) : Semaine du 23 au 27 septembre

2e DST (travail sur l’oeuvre intégrale) : Semaine du 7 au 11 octobre

3e DST (travail sur l’oeuvre intégrale et la lecture cursive) : Semaine du 4 au 8 novembre

4e DST (travail sur lectures cursives) : Semaine du 11 au 15 mai

Tous les élèves seront amenés à présenter un exposé devant la classe.

Conseils de classe 

1er trimestre : Semaine du 2 au 6 décembre

2e trimestre : Semaine du 9 au 13 mars

3e trimestre : Semaine du 8 au 12 juin

Bacs blancs 

1er bac blanc écrit : 25 novembre

2e bac blanc écrit : Semaine du 23 au 27 mars

Bac blanc oral : Semaine du 23 au 27 mars

Bac de français

Ecrits : lundi 15 juin de 14h à 18h

Oraux : Deuxième quinzaine de juin

Résultats : lundi 5 juillet