HdA 1res – Cours du 8 mars : Intervention de Nicolas Briançon

Nous avons eu le plaisir et l’honneur d’accueillir ce lundi en classe le comédien et metteur en scène Nicolas Briançon. D’abord acteur et metteur en scène de théâtre, il a aussi joué pour le cinéma et pour la télévision. Voici le compte-rendu de son interview par les élèves :

“On a perçu l’ethos (la personnalité, la posture oratoire) de l’acteur à la voix portée, à son goût pour l’imitation, à son assurance qui mettait à l’aise, à son occupation de l’espace de la parole, à sa maîtrise rhétorique. Il donne l’impression de quelqu’un d’extraverti, avec de la prestance, d’extravagant, de charismatique, de vivant.

Nicolas Briançon nous a présenté son parcours en insistant sur sa chance et sur le fait de savoir saisir des opportunités. Dans son cas, c’est son goût des disques qui l’a conduit à être repéré pour être figurant à l’opéra de Bordeaux et ce sont les conseils d’un chanteur d’opéra qui l’ont orienté vers le théâtre. Pourtant, ce n’est pas un enfant de la balle.  

Selon son professeur de théâtre Michel Bouquet, « les spectateurs eux aussi viennent jouer ». L’acteur est aussi partie prenante dans les orientations d’interprétation et le metteur en scène doit lui laisser cette latitude. Dans le cadre d’une commande de mise en scène, les contraintes peuvent être nombreuses comme pour Antigone où Robert Hossein avait déjà tout choisi. Nicolas Briançon ayant refusé, il a finalement obtenu carte blanche (sauf pour le costume de Créon).”

Les élèves avaient au préalable imaginé les réponses que Nicolas Briançon aurait pu donner à leurs questions et les avaient enregistrées…. Et on a eu tout faux !

Fr 1re – De Reign (Netflix) et à La Princesse de Clèves

Si vous voulez confronter votre connaissance de la scène du bal dans La Princesse de Clèves avec ce qu’en fait Netflix dans le pilote de la Série Reign, vous constaterez, notamment, un problème de lieu : la rencontre entre Mary Stuart et François II ne s’est pas faite au bord de la mer mais… au château de Saint-Germain-en-Laye (cocorico) !!! Diane de Poitiers était plus âgée qu’elle n’apparaît dans la série ; et le mariage entre Mary Stuart et François II a été célébré dans la salle des Caryatides du palais du Louvre.

Sont néanmoins bien retranscrites les relations galantes, même si elles sont, dans la série, réactualisées selon les codes d’aujourd’hui.

A vous de trouver les autres incohérences historiques et culturelles !!! Pour vous aider, vous pouvez consulter l’excellente et indépassable biographie de Mary Stuart par Stefan Zweig, particulièrement ses deux premiers chapitres.

Et en bonus, une Tchat Story qui fait fortement penser à La Princesse et à sa mère :

Philo Term techno – Atelier du 01/02 : La liberté

Texte de Spinoza sur l’âne(sse) de Buridan :

« On peut […] objecter que, si l’homme n’opère pas par la liberté de la volonté, qu’arrivera-t-il donc s’il est en équilibre, comme l’ânesse de Buridan ? Mourra-t-il de faim et de soif ? Que si je l’accorde, j’aurai l’air de concevoir une ânesse, ou une statue d’homme, non un homme ; et si je le nie, c’est donc qu’il se déterminera lui-même, et par conséquent c’est qu’il a la faculté d’aller, et de faire tout ce qu’il veut. […] J’accorde tout à fait qu’un homme placé dans un tel équilibre (j’entends, qui ne perçoit rien d’autre que la soif et la faim, tel aliment et telle boisson à égale distance de lui) mourra de faim et de soif. S’ils me demandent s’il ne faut pas tenir un tel homme pour un âne plutôt que pour un homme ? je dis que je ne sais pas, pas plus que je ne sais à combien estimer celui qui se pend, et à combien les enfants, les sots, les déments, etc. » (tr. fr. Bernard Pautrat, p. 191 et 195.)

Méthodo du commentaire de texte

1 – Repérer les mots de liaisons, les connecteurs logiques => identifier la stratégie argumentative (exemples : par conséquent, de plus, néanmoins, in fine (en définitive), en outre, mais, donc, et, or, car, premièrement, deuxièmement… + il est vrai que, il est évident que, je crois que, je pense que)

Dans le texte de Spinoza : on peut objecter que, si, donc si, si, si, donc, par conséquent, j’accorde tout à fait, (), j’entends que, s’, s’, je dis que je ne sais pas, pas plus que

Stratégie argumentative : considérer les objections de l’adversaire, faire une ou des concession(s), rattaquer avec une définition/compréhension avec une honnêteté intellectuelle (Socrate : je sais que je ne sais rien) et en faisant une comparaison

2 – Repérer les mots clés : notions (ex : art, liberté, imitation…), leurs contraires (ex : asservissement, contrainte, création), mots répérés

Ici, le thème = liberté par opposition à celle de l’animal

3 – Dire ce qui est étrange, difficile et essayer de comprendre d’où ça vient => proposer une solution pour comprendre

HLP 1res – Cours du 28 janvier : Nicolas Bouvier et la rencontre de l’Autre

Différents formats d’exploration du monde ont été adoptés à travers les âges. Dès le XVIe siècle, des explorateurs du Nouveau Monde racontent leurs découvertes et leur vie parmi les populations autochtones, comme Jean de Léry au Brésil avec Histoire d’un voyage. Il en va de même pour Bougainville quand il découvre Tahiti au XVIIIe siècle ; le récit de voyages extraordinaires se fait ensuite de manière fictive, avec Robinson Crusoë de Daniel Defoë au XVIIIe siècle ou Le tour du monde en 80 jours de Jules Verne au XIXe siècle. De tels récits de voyages perdurent au XXe siècle avec Jack Kerouac (Sur la route) et Nicolas Bouvier (L’Usage du monde). Ces types de récits se retrouvent dans des émissions de télévision au XXe et au XXIe siècle : Nus et culottés rappelle L’usage du monde, Pekin Express et J’irai dormir chez vous reprend le principe de Sur la route, Man vs Wild ou Koh Lanta mettent en scène la question de la survie comme Robinson Crusoë ; on retrouve aussi cet élément dans Rendez-vous en terre inconnue.

Fr 1res – Cours du 28 janvier : Exposés sur le roman au XVIIe siècle

La Carte du Tendre (Mle de Scudéry, Le Grand Cyrus)

Exposés de Mle Iglésias sur Mme de La Fayette et de Mles Agent et El Ouardani sur le même sujet

Exposé de M. Plant sur la Princesse de Montpensier

Exposé de Mle Ferlin sur la Préciosité

Exposé de Mle La Tour sur les salons littéraires

Exposé de Mle Huchette sur Mle de Scudéry et de Mle Shazad sur L’Astrée

Philo Term techno – Atelier du 25 janvier : L’imitation selon Aristote et Hegel

Aristote

“À l’origine de l’art poétique dans son ensemble, il semble bien y avoir deux causes, toutes deux naturelles.
 Imiter est en effet, dès leur enfance, une tendance naturelle aux hommes – et ils se différencient des autres animaux en ce qu’ils sont des êtres fort enclins à imiter et qu’ils commencent à apprendre à travers l’imitation – comme la tendance commune à tous, de prendre plaisir aux représentations; la preuve en est ce qui se passe dans les faits : nous prenons plaisir à contempler les images les plus exactes de choses dont la vue nous est pénible dans la réalité, comme les formes d’animaux les plus méprisés et des cadavres. Une autre raison est qu’apprendre est un grand plaisir non seulement pour les philosophes, mais pareillement aussi pour les autres hommes – quoique les points communs entre eux soient peu nombreux à ce sujet. On se plaît en effet à regarder les images car leur contemplation apporte un enseignement et permet de se rendre compte de ce qu’est chaque chose, par exemple que ce portrait-là, c’est un tel; car si l’on se trouve ne pas l’avoir vu auparavant, ce n’est pas en tant que représentation que ce portrait procurera le plaisir, mais en raison du fini dans l’exécution, de la couleur ou d’une autre cause de ce genre.
 L’imitation, la mélodie et le rythme (car il est évident que les mètres sont une partie des rythmes ) nous étant naturels, ceux qui à l’origine avaient les meilleures dispositions naturelles en ce domaine, firent peu à peu des progrès, et à partir de leurs improvisations, engendrèrent la poésie. Mais la poésie se divisa suivant le caractère propre à chacun; ceux qui avaient une âme noble imitaient les belles actions et celles de leurs pareils, ceux qui étaient plus vulgaires imitaient les actions des hommes bas, en composant d’abord des blâmes, tout comme les autres composaient des hymnes et des éloges ».
  Poétique, IV, 1448 b, trad. M. Magnien, Le Livre de poche classique, 2002, pp. 88-89.

Georg Wilhelm Friedrich Hegel

Quel but l’homme poursuit-il en imitant la nature ? Celui de s’éprouver lui-même, de montrer son habileté et de se réjouir d’avoir fabriqué quelque chose ayant une apparence naturelle. (…) Mais cette joie et cette admiration de soi-même ne tardent pas à tourner en ennui et mécontentement, et cela d’autant lus vite et plus facilement que l’imitation reproduit plus fidèlement le modèle naturel. Il y a des portraits dont on a dit assez spirituellement qu’ils sont ressemblants jusqu’à la nausée. D’une façon générale, la joie que procure une imitation réussie ne peut être qu’une joie très relative, car dans l’imitation de la nature le contenu, la matière sont des données qu’on a que la peine d’utiliser. L’homme devrait éprouver une joie plus grande en produisant quelque chose qui soit bien de lui, quelque chose qui lui soit particulier et dont il puisse dire qu’il est sien. Tout outil technique, un navire par exemple ou, plus particulièrement, un instrument scientifique doit lui procurer plus de joie, parce que c’est sa propre ?uvre, et non une imitation. Le plus mauvais outil technique a plus de valeur à ses yeux ; il peut être fier d’avoir inventé le marteau, le clou, parce que ce sont des inventions originales, et non imitées. L’homme montre mieux son habileté dans des productions surgissant de l’esprit qu’en imitant la nature.”

Hegel, Esthétique, trad. S. Jankélévitch, Paris, Flammarion, p. 35-37

L’imitation peut-elle être créatrice ?

  1. Non, l’imitation n’est pas créatrice

Ex : Michel Houellebecq, Les particules élémentaires : a recopié des pages de Wikipedia, il a donc été accusé de plagiat

Ex : les faussaires de tableau : mettent leur art de l’imitation au service du mensonge, ce n’est pas de la création

Ex : Hegel, Esthétique : l’imitation n’est pas créatrice, c’est l’invention technique qui est créatrice (ex : le clou, le marteau)

  1. Oui l’imitation est créatrice

Ex : Monet imite la nature pour créer des toiles, par ex Le pont japonais de son jardin de Giverny (mais c’est un paysage qu’il a lui-même créé) => art figuratif

Ex : Aristote, Poétique -> imitation est au cœur de la représentation artistique, notamment en peinture (ex : cadavre) et elle permet de trouver beau ce qui est laid dans la réalité

Ex : Rembrandt et la carcasse de bœuf ou la dissection (XVIIe s.)

  1. L’imitation permet l’innovation, la créativité

Ex : mèmes qui produisent un nouveau sens à partir de l’imitation d’un contenu existant

Ex : au Moyen Age, l’artiste est celui qui imite en changeant un élément (troubadours)