Fr 1re – Méthodologie de la dissertation

En quoi Montaigne pose-t-il un regard personnel sur le monde dans les Essais ?

NB : Les mots clés sont en gras.

Exemple de plan :

I .Montaigne porte un regard personnel sur le monde dans les Essais car il insiste sur ce qu’il voit avec des descriptions, des métaphores, des images

  1. Avec des descriptions

« Des Cannibales », l. 6 du texte 1 : description des coutumes, un prisonnier est attaché avec une corde => rendre son argumentation imagée

2. Avec des métaphores

« Des coches », p. 141, l. 646 : « Boucherie indistincte » => sens figuré (syllepse de sens), à propos de la manière dont les Portugais massacrent les Indiens => Montaigne fait usage d’une pensée par image pour juger du comportement des Européens

3. Avec des images

« Des Cannibales » « Des Coches » : image de la tête au bout d’un pieu devant l’habitat d’un Indien => Montaigne porte un regard lucide/franc/cru/sans concession sur la conquête du Nouveau Monde

II. Montaigne porte un regard personnel sur le monde dans les Essais car il propose des opinions originales, inédites, singulières

  1. Première opinion originale (qu’il est le seul à proposer)

On ne reconnaît pas notre propre barbarie : « Des Cannibales », « Je ne suis pas marri que nous remarquions l’horreur barbare qu’il y a en une telle action mais certes bien de quoi (…) nous soyons si aveugles aux nôtres » => Contrairement à Pero Vaz de Caminha, Montaigne valorise les Indiens et critique les Européens

2. Deuxième opinion inédite

« Des Cannibales », l. 23 : « Il y a plus de barbarie à manger [quelqu’un] vivant que (…) mort » => Montaigne défend le cannibalisme indien contre l’anthropophagie européenne

3. Troisième opinion singulière

« Des coches » : le Nouveau monde n’est pas « enfant » contrairement à ce que disent les contemporains de Montaigne => Montaigne pointe du doigt une erreur que font ses contemporains en s’imaginant plus avancés que les autres

OU

I. Montaigne porte un regard personnel sur le monde au sens des lieux dans les Essais

  1. Sur le Nouveau monde

« Des Cannibales » : le Nouveau Monde n’est pas un continent perdu mais est une terra incognita => Montaigne admet que l’Histoire ancienne n’a pas tout dit, malgré son respect pour la culture antique

2. Sur la géographie du monde en général

« Des Cannibales » : « Ce nouveau monde n’est pas une île mais un continent » => Montaigne propose une idée à contre-courant des savoirs de son époque car il a rencontré un compagnon de l’explorateur Villegagnon

3. Sur l’Ancien monde/l’Europe

« Des Cannibales » : « Nous les pouvons donc bien appeler barbares, eu égard aux règles de la raison, mais non pas eu égard à nous, qui les surpassons en toute sorte de barbarie » =>  Montaigne défend l’idée, originale, que les deux mondes se ressemblent en barbarie

II. Montaigne porte un regard personnel sur les habitants du monde dans les Essais

  1. Sur les habitants du Nouveau Monde

« Des cannibales » : « Mais quoi ! ils ne portent pas de haut-de-chausse ! » => tous les hommes sont identiques en raisonnement, quel que soit leur vêtement.

2. Sur les Européens

« Des Cannibales », l. 23 : « Il y a plus de barbarie à manger [quelqu’un] vivant que (…) mort » => Montaigne défend le cannibalisme indien contre l’anthropophagie européenne et il évoque l’anthropophagie pendant les Guerres de Religion.

3. Sur l’être humain en général

« Des cannibales » : chacun appelle barbare ce qui n’est pas sa coutume => Montaigne fait preuve de relativisme culturel.

Fr 1re – Les récits de voyage : émission La Grande Librairie

L’émission de La Grande Librairie du 9 octobre traite de l’écrivain voyageur Sylvain Tesson, de la Colombie avec un roman noir de Caryl Ferey et des rapports entre les Amérindiens et les Blancs avec Jim Fergus :

https://www.france.tv/france-5/la-grande-librairie/la-grande-librairie-saison-12/1073847-quete-d-ideal-soif-d-aventure.html

Fr 1re – Exposé d’élève : L’exotisme dans l’art à la Renaissance

Exposé de Mle Perrot :

“La Renaissance est une vaste période de l’histoire. Elle commence au 14 -ème siècle en Italie et s’étend pendant tout le 16e siècle. Grâce aux nombreux voyages de découverte du monde, celle-ci se démarque du Moyen Age.

Tout d’abord nous allons nous pencher sur l’étymologie du mot « exotisme » ainsi que sur le contexte historique, puis, dans un second temps, nous étudierons l’exotisme à la Renaissance.

L’exotisme, du grec exôtikos ,« étranger », se caractérise par le goût pour l’étranger, l’inconnu. Selon Jean-François STASZAK « L’exotisme n’est pas le propre d’un lieu ou d’un objet mais d’un point de vue et d’un discours sur ceux-ci. », c’est-à-dire que, le but de l’exotisme n’est pas dans le lieu ni même dans l’objet, mais dans les rapports et les points de vue de ceux qui en parle. Par exemple, du point de vue d’un autochtone, le Brésil n’est pas un pays exotique, ce qui n’est pas le cas pour un français.

De plus, nous pouvons souligner cette envie de parcourir le monde, notamment à la Renaissance. A cette époque, le but premier des Européens était de conquérir le monde. Ces derniers n’ont cessé d’explorer de nouvelles terres, et ainsi, cartographier la planète du mieux qu’ils pouvaient.  Le voyage auquel nous allons nous intéresser aujourd’hui est celui du Brésil par Pedro Alvares Cabral. Il serait parti de Lisbonne le 9 mars 1500 à midi. Après un périple d’1 mois et 13 jours, sa flotte accoste le 22 avril 1500.

 La découverte d’autres cultures a inspiré plus d’un écrivain et artiste : nous pouvons parler d’exotisme à la Renaissance ; c’est ce que nous allons traiter dans cette prochaine partie. 

Depuis les premiers voyages de découverte, l’exotisme n’a cessé d’apparaître dans la littérature, l’art ou même la musique. Nous pouvons alors citer Montaigne, célèbre auteur du 16ème siècle, qui dans un contexte de guerre de religion, écrit les Essais. C’est un recueil de plusieurs témoignages de personne ayant été allé au Brésil lors des grandes découverte. Dans le chapitre 31 « Des cannibales », Montaigne nous fait par de son point de vue sur l’anthropophagie. Montaigne choisit de mettre en avant ce sujet afin de rappeler que la barbarie n’est pas seulement celle des autochtones mais aussi des Européens pendant les Guerres de religion. En outre, la découverte du Brésil a permis aux écrivains comme Montaigne d’ouvrir les esprits vers d’autres cultures, différente de celle des Européens.

L’exotisme a aussi touché l’art, notamment la peinture. Stradanus a peint le frontispice « Nova Reperta » environ vers 1600. Un frontispice est une gravure placée face à un titre. Stradanus met en avant les découvertes de l’Homme. A gauche, nous avons une représentation de l’Amérique, où figure le Brésil. En dessous de cette carte, nous on peut distinguer une horloge mécanique, ainsi qu’une boussole. C’est une allégorie des temps moderne. De plus, à l’arrière-plan nous pouvons voir un jeune homme s’avançant vers la carte de l’Amérique tout en la pointant. Celui-ci va vers la droite, il va vers le futur. Dans la deuxième partie de l’image, à gauche, on peut apercevoir, au premier plan, des inventions du moyen Age. A l’arrière-plan, un vieil homme avance vers la droite comme s’il voulait sortir de l’image, il incarne le Moyen Age, qui, de par les grandes découvertes, se fait remplacer par le jeune homme, soit la Renaissance. C’est le début d’une nouvelle époque. Un canon et une machine à imprimer sépare ces deux époques. Ils symbolisent les guerres de religion et les nouvelles inventions. En haut de l’image, au milieu, est écrit « Nova Reperta » ce qui veut dire en latin : « découverte nouvelles ».  La découverte du Nouveau Monde se reflète dans l’art à la Renaissance.

 « Nova Reperta » de Stradanus en 1600

Source : wiki, libération, “Qu’est-ce que l’exotisme?” de Jean-François STASZAK, Larousse, collection artistique de l’université de Liège, cours, manuel de français première générale.”

Fr 1r – Prolongement culturel : L’exotisme dans la musique du XVIe siècle et du XVIIe siècle

Los parajos perdidos, projet autour des musiques d’Amérique du Sud mêlant motifs folkloriques et européens de l’ensemble L’Arpeggiata (direction Christina Pulhar)

Rameau, Les Indes Galantes ou l’image des “Sauvages” en Occident au XVIIe siècle, ici dans deux interprétations : la première ré-actualise l’inspiration “indienne”, la seconde correspond à sa version la plus contemporaine (Opéra Garnier, 3e scène).

Hum et Fr 1re – Sortie au théâtre : Bertold Brecht, La Vie de Galilée au théâtre de La Scala à Paris

Un extrait de la pièce (acte I, scène 1) :

ANDREA
“Qu’est-ce que c’est ?”
GALILEE
“Un astrolabe ; l’objet montre comment,
d’après les anciens, les astres se déplacent autour de
la terre.”
ANDREA
“Et comment ?”
GALILEE
“Etudions-le. Premièrement, premier point : description.”
ANDREA
“Au milieu, il y a une petite pierre.”
GALILEE
“C’est la terre.”
ANDREA
“Tout autour, toujours l’un par-dessus l’autre, des anneaux.”
GALILEE
“Combien ?'”
ANDREA
“Huit.”
GALILEE
“Ce sont les sphères de cristal.”
ANDREA
“Sur les anneaux sont fixés des boules…”
GALILEE
“Les astres.”
ANDREA
“Il y a aussi des rubans et dessus des mots peints.”
GALILEE
“Quels mots ?”
ANDREA
“Des noms d’étoiles.”
GALILEE
“Comme par exemple ?”
ANDREA
“La boule tout en bas, c’est la lune, c’est écrit. Et au-dessus il y a le soleil.”
GALILEE
“Et maintenant, fais tourner le soleil.”
ANDREA, met en mouvement les sphères.
“C’est beau. Mais nous sommes si à l’étroit.
GALILEE, en s’essuyant.
“Oui, j’ai ressenti ça aussi quand j’ai vu l’objet pour la première fois. D’autres le ressentent. Il lance la serviette à Andrea pour qu’il lui frotte le dos. Des murs, des sphères et l’immobilité ! Durant deux mille ans, l’humanité a cru que le soleil et tous les corps célestes tournaient autour d’elle. Le pape, les cardinaux, les princes, les savants, les capitaines, les marchands, les poissonnières et les écoliers, tous croyaient être immobiles dans cette sphère de cristal. Or maintenant, nous gagnons le large, Andrea, le grand large. Car l’ancien temps est passé, et voici un temps nouveau. Cela fait cent ans que l’humanité semble attendre quelque chose.
Les villes sont étroites et les têtes le sont aussi. Peste et superstition. Or voici qu’on dit désormais : puisqu’il en est ainsi, qu’il n’en soit plus ainsi. Car tout bouge, mon ami. Il me plaît de penser que tout a commencé avec les bateaux. De mémoire d’homme, ils n’avaient fait que ramper le long des côtes et soudain ils les ont délaissés pour s’en aller par toutes les mers.
Sur notre vieux continent, une rumeur est née : il y aurait d’autres continents. Et depuis que nos bateaux s’y rendent, le bruit court par les continents hilares que le grand océan redouté est une flaque d’eau. Et voici qu’un grand désir est advenu d’explorer les causes de toutes choses : pourquoi tombe la pierre qu’on laisse échapper, et comment s’élève-t-elle quand on la jette en l’air ? Chaque jour connaît sa découverte. Même les vieillards centenaires se font crier par les jeunes à l’oreille ce qu’on a découvert de neuf.
Il a été trouvé beaucoup déjà, mais davantage encore peut l’être. Et ainsi toujours il y a de quoi faire pour les générations nouvelles.
A Sienne, étant jeune, j’ai vu des gens du bâtiment changer, après une discussion de cinq minutes, une coutume millénaire de déplacer les blocs de granit grâce à un agencement nouveau et plus efficace des cordages. Là, en cet instant-là, je l’ai su : l’ancien temps est passé, voici un temps nouveau. Bientôt l’humanité saura ce qu’il en est de sa demeure, ce corps céleste où elle réside. Ce qui est écrit dans les livres anciens ne lui suffit plus.
Car là où la croyance était installée depuis mille ans, là maintenant le doute s’installe…”