HdA 1res – Cours du 10 avril : Mélodie française

Mélodie française

Origine : le Romantisme allemand, qui se définit par la mélancolie, le culte de soi, la recherche de la noblesse d’âme et de l’exception, rapport à l’amour absolu (Goethe, Les souffrances du jeune Werther : vague de suicides !).

Goethe a écrit un poème, Le Roi des Aulnes qui est adapté en musique par Schubert sous forme de lied (un lied, des lieder).

Définition : la mélodie française met en musique des poèmes du patrimoine français. Des compositeurs comme Debussy, Fauré, Poulenc mettent en musique Verlaine par exemple. Verlaine a a ainsi écrit Il pleure dans mon cœur, adapté par Debussy sous forme de mélodie française. Il faut de la virtuosité et un grand sens de l’articulation (avec le r notamment) et du sens des mots pour réussir à chanter ces airs.

Au programme de notre année : Prévert écrit le poème Barbara pour évoquer la guerre 39-45 et ses ravages. Il se souvient d’avoir croisé un couple d’amoureux sous la pluie avant la guerre et il se demande ce qu’ils sont devenus après celle-ci, dans une ville totalement détruite par les bombes. Kosma met ce poème en chanson et la fait chanter par Yves Montand, qui met son art d’acteur et de chanteur au service de cet air qui reprend les codes de la mélodie française : air presque plus déclamé que chanté, très bonne articulation et grande expressivité dans l’interprétation.

HdA 1res – Cours du 29 mars : Femmes photographes

Bettina Rheims, Gisèle Freund, Germaine Krull

Femmes photographes

La photographie est un art qui met au centre le cadrage, c’est-à-dire la manière de montrer le sujet. Cela exige du photographe de s’adapter aux contraintes (de lumière, de position, d’environnement) et  d’accepter de se laisser surprendre. C’est aussi un art de la patience car il faut attendre le moment opportun (kairos). Le photographe est à l’affût. Le paparazzi suit aussi ce principe (Paparazzo = photographe italien des années 60, recherche de l’info à sensation => tabloïds en UK). Willy Ronis expose ces notions dans son texte Ce jour-là. Willy Ronis est un photographie humaniste, comme Robert Doisneau.

  1. Germaine Krull, Autoportrait à l’icarette (1925)

Photo posée ; plan américain ; sujet = elle-même  en tant que photographe ; technique = utilisation d’un miroir. Lumière naturelle qui vient de la droite ; mise au point sur l’appareil,

flou sur le visage. Deux accessoires : cigarette, bague à l’auriculaire gauche (pas une bague de mariage). Cigarette consumée => symbole de prouesse technique et de temps qui passe.

2. Gisèle Freund, André Gide (1938)

Sujet : homme qui prend la pose, homme connu (André Gide, écrivain). Deux personnes => lui, vivant ; et un masque. Impression de photomontage. Masque mortuaire de Blaise Pascal. Pose qui évoque la pensée, la rêverie.

HdA 1res – Cours du 26 mars : Dubuffet, Picasso, Signac

Dubuffet, L’homme hilare
Picasso, Homme nu assis
Paul Signac, Opus 217

Voici des histoires inventées par les élèves à propos de ce tableau :

Je vais vous raconter l’histoire de Felix Fénéon. Félix Fénéon a 34 ans c’est un peintre magicien. Mais ce n’est pas n’importe quel magicien : il est doté d’un pouvoir magique exceptionnel. Son métier consiste à dessiner des endroits magiques, des endroits paradisiaques : vous rentrez dans ce paysage en un coup de pinceau. Felix Fénéon, on le reconnait très facilement, c’est un homme d’un mètre 80 qui se balade avec des costumes colorés et un grand chapeau qui va avec sa tenue, parfois même il porte des casquettes pour avoir un style un peu plus original. Mais il ne quitte jamais sa canne, je pense même que c’est sa baguette magique. Ne critiquez jamais son style vestimentaire, c’est quelqu’un de très susceptible : il vous emmènerait dans votre pire cauchemar… (Thaïs Gérome)

Philibert est un transporteur de rêve. 
Ses préférés sont ceux des enfants. Leur imagination et leur naïveté rendent leurs songes encore plus intéressants. Sur ce tableau, Philibert en transporte 5. De loin ils ressemblent à des formes car on ne voit que les idées de près. Le but de Philibert est que les songes ne s’oublient jamais. Une fois arrivé chez lui, il mettra les rêves dans des bocaux, leur fera des bisous et plus tard une ballade devant le coucher de soleil, sinon ils perdront leurs couleurs. Et un rêve sans couleur, c’est moins joli : heureusement que Philibert est là ! (Maguelonne de Toldi)

HdA 1res – Cours du 22 mars : Foujita, Autoportrait dans l’atelier

Foujita, Autoportrait dans l’atelier, 1926

Voici les éléments-clés de cette analyse d’oeuvre :

Présentation : Musée des Beaux-Arts de Lyon ; Huile sur toile ; 81 x 60,5 cm

  1. Ekphrasis : Encre, ciseaux, papier, pince, crayon à papier, gomme japonaise, portfolios, toile retournée, dessin punaisé au mur ; il est en tailleur à une table basse avec un bol de soupe japonaise (ramen) ; pinceaux japonais pour la calligraphie + kabuki.

2. Analyse

a. Composition : tout l’espace de la toile est occupé mais le fonds reste blanc, ce qui aère la composition

Plans : 1) le bol etc. au sol, 2) la table 3) le peintre 4) le chat 5) le mur => construction de la profondeur avec les différents plans ; le peintre regarde vers un miroir.

b. Sujet : au centre de la composition, personnage qui se fond dans l’image car il fusionne avec son travail, il ne s’est pas arrêté pour manger, il semble calme ; il a eu une coupe au bol qui peut évoquer le bol au sol, puisqu’il y a aussi des ciseaux et qu’il fait partie du mouvement surréaliste, qui procède parfois par jeux de mots.

c. Références à culture japonaise : position en tailleur, les pinceaux, le bol de ramen, les techniques de dessin (mais pas des estampes)

d. Couleurs : fades, brun/gris/noir/blanc avec une tache de jaune, le chat (européen, écailles de tortue et tricolore) a les mêmes couleurs que la toile.

Pour approfondir la découverte de Foujita, on peut lire
Kiki de Montparnasse par Catel et Bocquet.

Pour lundi prochain, choisissez une des oeuvres ci-dessous et faites-en l’analyse (travail à rendre!) :

HdA 1res – Cours du 15 mars : Intervention de Benjamin Altur-Ortiz

La Bonne voie (Benjamin Altur-Ortiz)

Nous avons eu la joie de recevoir ce lundi Benjamin Altur-Ortiz, scénariste, réalisateur et producteur.

Nous avons parlé avec lui des métiers du cinéma et nous l’avons interrogé sur deux de ses réalisations : La Bonne voie, un court-métrage réalisé en 16 mm en un plan/une prise avec une bobine de 120 m et le dernier spot de l’association Women Safe contre les violences faites aux femmes.

Voici le compte-rendu de l’intervention écrit par les élèves :

“Benjamin Altur-Ortiz est quelqu’un à l’écoute et de naturel. Son discours était différent de celui de Nicolas Briançon concernant le parcours des gens du cinéma : selon M. Altur-Ortiz, il faut aussi parfois savoir changer de voie, s’adapter, faire autre chose. Ses réponses étaient précises et elles étaient en lien direct avec nos questions. Nous avons bénéficié de l’écoute nécessaire pour poser toutes nos questions.

Son parcours est atypique. Il a passé un bac cinéma en 1990 et a fait une école d’audiovisuel. Ses grands-parents ont joué dans certains films comme Mon cousin Amédée (1957), un film à sketch dans lequel son grand-père joue. Il a commencé comme scénariste mais c’est un métier compliqué, qui marche beaucoup au réseau. Il a réalisé des courts-métrages, dont La Bonne voie qui avait été pré-sélectionné à Cannes mais qui n’a pas été nominé, sans qu’il sache pourquoi.

Benjamin Altur-Ortiz nous a parlé du fonctionnement du festival de Cannes en nous apprenant que c’était l’endroit où faire des rencontres professionnelles et où les films se vendaient. Il s’y tient plusieurs festivals : La sélection officielle, Un certain regard, La Quinzaine des réalisateurs. Pour être accrédité, il faut être un professionnel du cinéma.

Concernant La Bonne voie, BAO nous a dit qu’il a tourné dans la gare de Mareil-Marly ; les acteurs sont principalement amateurs et bénévoles. Le film dure environ 8 minutes et la musique a été choisie pour dédramatiser la situation. Le noir et blanc est un choix par défaut, dû à la pellicule qu’il restait (120 mm) ; le film a été tourné en steadycam avec un plan (plan séquence) et en une prise. Le son n’est toujours pas bon à cause des conditions d’enregistrement à la perche et alors qu’il pleuvait.

Concernant le spot pour Women Safe, BAO voulait une voix-off mais le temps a manqué. La musique raconte une histoire et est inspirée par des musiques balkaniques. Les couleurs ont été choisies par rapport à la charte graphique de l’association.

Concernant Netflix, BAO nous a appris que lorsque la plateforme finance un film, elle emploie des producteurs exécutifs pour le réaliser. Il mettra prochainement en ligne un documentaire sur le basket, Dunk or Die (Nicolas de Virieu), autour du dunker Kadour Ziani. Netflix s’apprêter à devenir producteur exécutif. L’apparition de ces plateformes ainsi que la situation sanitaire bouleverse la chronologie des médias, c’est-à-dire la durée minimum entre l’exploitation du film en salles et sa diffusion en VOD et DVD.

Il nous a montré deux scénarios originaux, l’un qui est une comédie pour laquelle il cherche un réalisateur  et l’autre qu’il veut produire et réaliser lui-même. Le scénario doit être déposé et être rédigé en Courrier 12. On y indique les termes « seq » (pour séquence) et « cut » (pour couper), ainsi que « fondu enchaîné », « fermeture à l’iris ». Le nom des personnages sont en majuscule. Un des scénarios fait 90 pages, soit 1 minute par page.”

HdA 1res – Cours du 8 mars : Intervention de Nicolas Briançon

Nous avons eu le plaisir et l’honneur d’accueillir ce lundi en classe le comédien et metteur en scène Nicolas Briançon. D’abord acteur et metteur en scène de théâtre, il a aussi joué pour le cinéma et pour la télévision. Voici le compte-rendu de son interview par les élèves :

“On a perçu l’ethos (la personnalité, la posture oratoire) de l’acteur à la voix portée, à son goût pour l’imitation, à son assurance qui mettait à l’aise, à son occupation de l’espace de la parole, à sa maîtrise rhétorique. Il donne l’impression de quelqu’un d’extraverti, avec de la prestance, d’extravagant, de charismatique, de vivant.

Nicolas Briançon nous a présenté son parcours en insistant sur sa chance et sur le fait de savoir saisir des opportunités. Dans son cas, c’est son goût des disques qui l’a conduit à être repéré pour être figurant à l’opéra de Bordeaux et ce sont les conseils d’un chanteur d’opéra qui l’ont orienté vers le théâtre. Pourtant, ce n’est pas un enfant de la balle.  

Selon son professeur de théâtre Michel Bouquet, « les spectateurs eux aussi viennent jouer ». L’acteur est aussi partie prenante dans les orientations d’interprétation et le metteur en scène doit lui laisser cette latitude. Dans le cadre d’une commande de mise en scène, les contraintes peuvent être nombreuses comme pour Antigone où Robert Hossein avait déjà tout choisi. Nicolas Briançon ayant refusé, il a finalement obtenu carte blanche (sauf pour le costume de Créon).”

Les élèves avaient au préalable imaginé les réponses que Nicolas Briançon aurait pu donner à leurs questions et les avaient enregistrées…. Et on a eu tout faux !